AVRIL 2018

Le manque de vaccination au niveau mondial est un enjeu qui relève de l’inégalité des genres



« Les vaccins sont une façon d’éliminer l’injustice sociale et les inégalités. Nous n’aidons pas les autres, mais nous nous aidons tous… Nous vivons dans une communauté mondiale : il faut un village pour vacciner un enfant et il faut tout un monde pour éradiquer une maladie. »

– Jalaa Abdelwahab, UNICEF

Au mois d’avril, la santé infantile et la vaccination sont des sujets d’importance. En effet, la Journée mondiale de la santé a lieu le 7 avril et la Semaine mondiale de la vaccination se tient du 24 au 30 avril. Il s’agit donc d’un mois où l’on fait le point sur l’état de la vaccination au niveau mondial. Quelles ont été les réalisations? Quelles sont les lacunes? Quelles sont les possibilités clés à notre portée pour veiller à ce que tous les enfants, indépendamment du lieu où ils sont nés et de leur sexe, aient plein accès aux vaccins susceptibles de sauver des vies?

L’immunisation permet d’épargner des vies. Elle contribue à une vie plus saine, plus productive et plus longue. De plus, de par l’effet dit d’immunité de groupe, les vaccins protègent la vie de ceux qui sont non vaccinés ou qui n’ont pas reçu tous les vaccins (disponible seulement en anglais). Les vaccins sont une des interventions en santé publique les plus rentables qui soient, ayant le meilleur rapport coût-efficacité (disponible seulement en anglais). Ils offrent fréquemment une protection durable, souvent définitive, contre les maladies; ils renforcent le système immunitaire et protègent contre les autres maladies et problèmes de santé (telle que la malnutrition provoquée par la diarrhée et la mauvaise absorption des nutriments qui s’en suit [disponible seulement en anglais]); puis, en évitant la propagation mondiale de microbes résistants aux médicaments qui combattent les infections, les vaccins contribuent à réduire l’utilisation excessive d’antibiotiques (disponible seulement en anglais). Ceci se traduit par des économies pour le système de santé et, pour les personnes par une plus grande productivité à long terme et un gagne-pain à vie, car nous le savons, les vaccins jouent un rôle essentiel dans le développement cognitif, dans la réussite scolaire et la capacité à travailler.

Réalisations en 2017

En 2017, les vaccins ont permis d’éviter entre deux et trois millions de décès. Ce nombre de décès évités ne cesse de croître. Environ 116,5 millions de nourrissons ont reçu les trois doses du vaccin DTC (diphtérie, tétanos, coqueluche — utilisé comme indicateur de la couverture mondiale de la vaccination) et le taux de vaccination du DTC a augmenté en Inde, en Éthiopie de même qu’en République démocratique du Congo (disponible seulement en anglais). Plus de 400 millions d’enfants ont été immunisés contre la poliomyélite, avec comme conséquence le plus faible nombre de cas de poliovirus sauvage rapporté de toute l’histoire, soit 22 cas (disponible seulement en anglais). Cette maladie qui entraîne la paralysie a été éradiquée à 99,99 % et 80 % de la population mondiale vivent dans des régions exemptes de poliomyélite.

Les lacunes

Malgré ces réalisations, le taux de vaccination au niveau mondial demeure à 86 % (l’objectif étant de 90 %). Le progrès actuel est trop lent pour permettre, dans un premier temps, l’atteinte des objectifs 2020 de l’Assemblée mondiale de la santé et, dans un second temps, la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). De plus, à l’échelle mondiale, seuls 5 % des enfants reçoivent les 11 vaccins recommandés par l’OMS. Selon les estimations, 60% des 19,4 millions de nourrissons qui ne bénéficient pas des vaccins de base vivent dans 10 pays seulement. On attribue ces lacunes principalement aux systèmes de soins de santé et de vaccination défaillants, au manque d’engagement de la part des pays ainsi qu’aux inégalités.

Un défi de taille : alors que 19,4 millions de nourrissons demeurent non vaccinés ou non complètement vaccinés, les femmes et les filles sont touchées de façon disproportionnée.  

Les inégalités sont des barrières sociales, culturelles, économiques et politiques qui limitent, pour certains groupes, le plein accès à la société ainsi qu’aux avantages qu’elle procure, ce qui facilite les injustices. Parmi ces inégalités se trouve la discrimination fondée sur le genre.

Partout dans le monde, les femmes et les filles sont confrontées à la discrimination, à la marginalisation socioéconomique (disponible seulement en anglais) ainsi qu’à d’importants obstacles qui limitent l’accès aux soins de santé, à l’alimentation et à l’éducation. Ces obstacles entravent leur capacité de travail et d’avancement (disponible seulement en anglais), de même que leurs capacités à s’approprier un plus grand pouvoir décisionnel et des rôles de leadership dans les prises de décisions qui les affectent et qui affectent leurs familles ainsi que leurs communautés (disponible seulement en anglais).

Bien que les filles reçoivent la moitié de la part des vaccins, c’est lorsqu’elles ne reçoivent pas leur vaccination que les incidences négatives sur la santé sont les plus importantes. Ces incidences peuvent entraver leur accès à l’éducation et affecter leur capacité à se sortir du cycle de la pauvreté. 

La discrimination fondée sur le genre signifie aussi que les chercheurs commencent à peine à comprendre les expériences distinctes et les répercussions causées par les obstacles en santé, par la faible couverture sanitaire, par les systèmes de santé défaillants, sur les femmes et les filles. L’OMS sait désormais que les femmes et les filles sont exposées à un plus grand risque de maladies et d’infections et que durant leurs vies, elles seront en moins bonne santé et courront un plus grand risque de décès  évitable (ou prématuré). Les femmes sont davantage accablées par les enfants et les membres de la famille malades (disponible seulement en anglais).

Les mères sont aussi touchées de façon disproportionnée. En tant que principales responsables des soins, ce sont elles qui assument, de façon inégale, les coûts et le temps nécessaire pour soigner les enfants malades. Cela se traduit par des pertes de salaires et de productivité, une précarité du travail, des frais médicaux, laissant ainsi peu de temps pour la recherche d’opportunités de travail ou pour jouer un rôle dans des processus de prises de décisions.

Les possibilités


  La Semaine nationale de l’action bénévole (du 15 au 21 avril) se déroule également ce mois-ci. En tant qu’organisme qui s’appuie sur une base citoyenne bénévole, nous sommes reconnaissants envers tous nos bénévoles qui sont de réels défenseurs des plus pauvres et qui militent pour un monde sans pauvreté. Merci!  

Le 27 février dernier, le Budget 2018 a réitéré l’engagement du gouvernement du Canada envers l’autonomisation et l’égalité des femmes et des filles par le biais de la Politique d’aide internationale féministe du Canada. Cette politique reconnaît que « l’élimination des obstacles à l’égalité des genres et la création de meilleures opportunités contribuent à faire des femmes et des filles de puissants agents du changement, de sorte qu’elles puissent améliorer leur propre vie, celle de leur famille, de leur communauté et de leur pays.»

En cette Journée mondiale de la santé qui aura lieu le 7 avril et tout au long de la Semaine mondiale de la vaccination qui se tiendra du 24 au 30 avril, rappelons au Gouvernement canadien toute l’importance que revêt l’amélioration de la vaccination au niveau mondiale pour faciliter l’autonomisation et l’égalité des femmes et des filles. Pour cela, faisons en sorte que 19,4 millions d’enfants de plus soient vaccinés. Veillons à ce que les femmes et les filles, leurs familles et leurs communautés aient toutes les chances de mener une vie saine et prospère – que les cycles de la pauvreté, de la mauvaise santé, de la malnutrition et de l’inégalité soient brisés.

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