AIDE INTERNATIONALE: La quête de l’eau

Jul 01, 2018 in Activist Publications

Chaque année, au printemps, le débordement des eaux cause ici de gros problèmes. Mais ces problèmes ont rarement des conséquences sur toute une vie, n’est-ce pas? Par contre, ailleurs, le manque persistant d’accès à l’eau sabote l’aide au développement international. Sous-financé et négligé depuis 20 ans par le Canada, le secteur de l’eau devrait être prioritaire, surtout vu la nouvelle politique d’aide internationale axée sur les femmes et les filles. Si, sur son site, le Gouvernement affirme que « l’égalité entre les sexes, l’autonomisation des femmes et des filles, ainsi que la promotion et la protection de leurs droits fondamentaux sont des valeurs canadiennes essentielles», il devra y voir, car il y a là un enjeu bien réel. En effet, chaque jour en général, les femmes de par le monde consacrent 200 millions d’heures au total pour aller chercher de l’eau, une eau qui est souvent pleine de bactéries. Affirmant que « faire progresser l’égalité entre les sexes s’inscrit au cœur de l’aide internationale » qu’il apporte, le Canada doit donc savoir que : – la productivité des femmes est réduite par la quête d’eau, leur autonomie financière est empêchée et l’économie de leur pays s’en ressent; – les filles manquent l’école; en l’absence de toilettes à l’école, elles s’absenteront surtout pendant la période de leurs règles, ce qui entraîne retard scolaire et, éventuellement, décrochage, mariage précoce et grossesses risquées en bas âge; – en allant chercher de l’eau, plusieurs filles sont violées, puis exclues ou se retrouvent enceintes; – l’hygiène pendant et après la période de l’accouchement est compromise par une eau insalubre, augmentant les risques de morts infantiles; – une eau insalubre réduit considérablement les efforts en nutrition, car elle entraîne une diarrhée qui fait perdre aux sujets malades les nutriments 4. La diarrhée est aussi une cause majeure de décès dans le monde, avec 1,5 million de morts par an, dont la majorité sont des enfants. Or, une femme pourra plus facilement choisir d’avoir moins d’enfants si ceux qu’elle a survivent. Pour toutes ces raisons, le Canada doit inscrire l’accès à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires adéquates comme partie intégrante de sa politique de développement axée sur les femmes et les filles.

Publication: Ski-se-dit
Type: Letter to the editor
Author: Ariane Genet de Miomandre
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