Le monde est à un tournant critique dans la lutte contre la tuberculose. Chaque année, 8,8 millions de gens à travers le monde sont infectés par la tuberculose et la maladie cause 1,4 million de décès par an, y compris près d’un quart de toutes les mortalités dues au sida. Toutefois, les investissements récents dans la lutte mondiale contre la tuberculose commencent à aider à remporter la guerre contre cette maladie. Selon des conclusions tirées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre absolu de cas de tuberculose est en baisse depuis 2006. Depuis 2002, les taux d’incidence de tuberculose ont diminué et, chaque année, le nombre de décès dus à la tuberculose n’a cessé de diminuer (http://www.who.int/ tb/publications /fr). Le Consensus de Copenhague 2012 a aussi cité la tuberculose comme l’une des interventions les plus efficientes en santé publique. Chaque dollar consacré à la lutte contre la tuberculose donne plus de 15 $ en bénéfices, ce qui fait de la lutte mondiale contre la tuberculose un investissement très profitable. (http:// www. Copenhagen consensus. com /Default.aspx?ID=1634)
Malgré tous les progrès réalisés récemment contre la maladie, de nombreux pays donateurs, y compris le Canada, réduisent leurs engagements envers la lutte mondiale contre la tuberculose. L’OMS a identifié un manque à gagner de 2 milliards $ au chapitre du financement mondial pour la lutte contre la tuberculose en 2012. Les ramifications de ces compressions sont énormes. La conséquence de la réduction mondiale des dépenses consacrées à la lutte contre la tuberculose, est, selon le partenariat Halte à la tuberculose, que des centaines de milliers de patients n’auront plus accès à des médicaments contre cette maladie.
Il s’agit d’une situation que Piara, une travailleuse du textile au Bangladesh, connait trop bien. Même si elle était atteinte de la tuberculose, la maladie n’a pas pu être correctement diagnostiquée par la méthode normalisée. Mais, Piara a eu de la chance. La clinique de santé où elle s’est rendue était dotée d’Xpert, un nouveau diagnostic de la tuberculose, qui était en mesure de la diagnostiquer correctement. Au lieu d’attendre des semaines pour obtenir des résultats, Piara a commencé le traitement le jour même. En diagnostiquant les patients plus tôt, Xpert leur permet d’être traités plus rapidement de sorte qu’ils ne sont plus contagieux et qu’ils sont moins susceptibles de propager la maladie dans leurs communautés. (http://www.newtbdrugs.org/blog/videos/action-new-technology-saves-lives/). Mais, sans un financement adéquat pour la lutte mondiale contre la tuberculose, cette technologie qui sauve des vies restera hors de portée de millions de gens partout au monde.
L’engagement du Canada envers la lutte contre la tuberculose
Le Canada a toujours été un chef de file dans la lutte contre la tuberculose commen en font foi sa mise sur pied de l’initiative TB-REACH pour augmenter la détection de cas de tuberculose en 2009 et son soutien constant du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Cependant, en conformité avec le plan prévu au budget fédéral 2012 visant à réduire les dépenses de certains minitères dont l’ACDI, le gouvernement canadien a récemment annoncé que les dépenses multilatérales allouées à la lutte contre la tuberculose seraient réduites de 10 millions $ par année, dès 2013. Ces dites réductions font ressortir une grande disparité dans les priorités d’aide de l’ACDI. Les réductions proposées dans la lutte contre la tuberculose équivalent à une diminution de 33 pour cent des dépenses. Pourtant, l’ACDI ne prévoit réduire ses dépenses globales d’aide étrangère que de 9,7 pour cent seulement au cours des trois prochaines années. Ces compressions disproportionnées dans la lutte contre la tuberculose sont inacceptables lorsque les contributions mondiales à la lutte contre cette maladie font montre de résultats incroyables et lorsque le retour sur l’investissement dans la lutte contre la tuberculose est si important. À un moment où le monde devrait renforcer le soutien pour éliminer la tuberculose, nous procédons plutôt à une rationalisation mettant des millions de vies en danger et compromettant les gains réalisés dans ce domaine au cours de la dernière décennie.
Notre stratégie : voir à ce que le Canada demeure investi dans la lutte contre la tuberculose
Du 22 au 27 juillet se tiendra la 19e Conférence internationale sur le sida biennale à Washington, D.C. C’est l’occasion pour les chercheurs, les décideurs, et les militants de se réunir pour discuter des principaux enjeux auxquels la riposte mondiale au sida fait face. La tuberculose est une des principales causes de décès chez les personnes vivant avec le VIH (plus de 350 000 personnes sont mortes de tuberculose associée au VIH en 2010) (http://www.who.int/ tb/publications /fr). Compte tenu de la synergie mortelle entre le sida et la tuberculose, il est essentiel de renforcer l’importance de la poursuite des investissements dans la lutte mondiale contre la tuberculose. Le Canada devrait récupérer son statut de chef de file mondial dans la lutte contre la tuberculose et mener la charge internationale contre cette maladie. Renverser les réductions proposées aux dépenses allouées à la lutte contre la tuberculose et continuer de prioriser la tuberculose dans notre programme d’aide multilatérale dans les années à venir est la meilleure façon de soutenir hardiment les efforts mondiaux visant à lutter contre les maladies infectieuses découlant de la pauvreté.
Ce que vous pouvez faire