En avril, la Banque mondiale a nommé le Dr. Jim Yong Kim comme son prochain président. Le Dr. Kim, un spécialiste des enjeux mondiaux en matière de santé, débutera officiellement son mandat à la Banque mondiale le 1er juillet. À titre de nouveau président de la Banque mondiale et de premier professionnel du développement à diriger l’institution, le Dr. Kim représente la possibilité de vraiment revenir à la mission originelle de la banque, à savoir l’élimination de la pauvreté dans le monde.
C’est une mission que le Dr. Kim est fort apte à diriger. En tant que co-fondateur de Partenaires pour la santé, le Dr. Kim est un pionnier du traitement de la tuberculose multi-résistante. Comme directeur du département du VIH-sida de l’Organisation mondiale de la santé en 2003, il a lancé le premier objectif mondial pour le traitement du sida avec son initiative « 3 par 5 ». Destiné à traiter trois millions de patient(e)s vivant avec le VIH avec des médicaments antirétroviraux d’ici 2005, l’ambitieux programme a atteint son but ultime en 2007 et a récemment été vanté par le Lancet comme ayant « contribué à changer à jamais notre façon de voir le sida. » Les références et les réalisations impressionnantes du Dr. Kim dans le domaine du développement mondial l’ont certainement préparé pour amorcer l’avènement d’une ère nouvelle à la Banque mondiale. Comme dans la plupart des grandes institutions, il se peut que la Banque résiste au changement. Il est donc important que nous donnions le ton avant l’arrivée de Jim Kim à l’effet que nous avons de grandes attentes , particulièrement pour ce qui est de rejoindre le milliard le plus pauvre que nos efforts en matière de santé et d’éducation de base n’ont pas atteints.
Remettre la santé et l’éducation sur la bonne voie
Globalement, le monde n’est pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, qu’il s’agisse de l’éducation de base ou de la santé mondiale. Bien que les inscriptions à l’éducation primaire continuent d’augmenter, atteignant 89 pour cent dans le monde en voie de développement en 2008, à l’échelle mondiale, 67 millions d’enfants ne sont toujours pas scolarisés. De même, bien que des gains tangibles aient été obtenus dans la lutte contre le VIH-sida et la tuberculose, avec une diminution significative du nombre de décès dus au sida et à la tuberculose signalés en 2011, des progrès sont encore nécessaires pour contrecarrer ces maladies. Chaque année, 2,7 millions de personnes sont nouvellement infectées par le VIH et 8,8 millions sont diagnostiquées avec la tuberculose.
La Banque mondiale a maintenant l’occasion de changer cela du tout au tout et d’ouvrir la voie à la communauté des donateurs pour qu’elle puisse livrer des résultats concrets pour les plus pauvres d’ici la date cible des objectifs du Millénaire pour le développement 2015 (ODM) et au-delà. Depuis plusieurs années, la Banque mondiale prête des dizaines de milliards de dollars aux pays en voie de développement, et plus récemment, 14 milliards $ par an pour les prêts à taux d’intérêt réduits seulement. Cela met la Banque dans une position d’extrême influence pour définir de nouvelles orientations et pour faire preuve de leadership dans le développement mondial en se concentrant sur ceux qui ont été laissés pour compte. La contribution du Canada à la Banque mondiale, s’élevant à 1,3 milliard de dollars sur trois ans, son plus haut niveau historique, est une somme importante qui peut servir de levier pour avoir un véritable impact sur le terrain.
Élire le Dr. Kim à la direction de la Banque a été la première étape positive vers un tel changement. L’étape suivante consiste à recentrer les efforts de l’institution sur les politiques en faveur des pauvres, soit des politiques qui gravitent autour de l’aide au milliard les plus pauvres, et privilégiant la santé mondiale et l’éducation dans ses programmes de développement. Ce faisant, la Banque peut enfin revenir à donner la première place aux communautés appauvries qu’elle vise à servir.
Notre stratégie
Beaucoup d’entre nous ont déjà pris des mesures au cours des mois précédents pour que la Banque mondiale augmente son financement pour l’éducation de base. Nous continuerons d’agir sur cette promesse spécifique. Mais, ce mois-ci nous nous concentrons sur une perspective plus large de façon à ce que l’arrivée du nouveau président soit perçue comme une occasion historique. Au contraire, elle pourrait possiblement être un jalon clé dans l’accès aux services de santé et d’éducation de base qu’attend depuis trop longtemps le milliard de gens le plus pauvre.
Ce que vous pouvez faire