Près de la moitié de la population mondiale, soit 2,6 milliards de personnes, n’a pas accès à l’assainissement de base. Une personne sur six, soit 1,1 milliard de personnes, n’a pas accès à l’eau potable sécuritaire. Le manque d’accès à ces besoins de base est le désastre humanitaire le plus horrifiant et le moins publicisé. RÉSULTATS Canada œuvre en vue de braquer les projecteurs sur cet enjeu négligé. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 4 500 enfants meurent chaque jour des conséquences d’une eau insalubre et d’un assainissement inadéquat et environ 3,4 millions d’enfants et d’adultes en meurent annuellement.
Dans les lieux sans installation sanitaire, les gens défèquent dans les fossés, dans des sacs en plastique jetés dans les fossés, ou au mieux dans des dépotoirs. Dans plusieurs des plus grands bidonvilles urbains du monde, comme celui de Kibera au Kenya, les eaux usées s’écoulent de partout, et lorsqu’il pleut, un liquide noir nocif se répand dans les rues, à travers les habitations des gens et dans l’approvisionnement d’eau local. Lorsque les gens tombent malades, comme c’est invariablement le cas dans ces conditions, le cercle vicieux s’accélère car la maladie engendre des déchets humains, ce qui se traduit par encore plus de maladies.
Les problèmes de santé causés par un assainissement quasi inexistant sont légion. Ils sont la source d’un vaste éventail de troubles comme la diarrhée (l’une des plus grandes tueuses d’enfants au monde), le choléra, la typhoïde, l’hépatite A, la dysenterie et la maladie du ver de Guinée. Ajoutons que l’absence d’un assainissement adéquat dans les écoles des pays en développement, empêche de nombreux enfants, particulièrement les filles, de terminer leurs études primaires.
Il reste moins d’une décennie avant la date cible de 2015 pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), c’est-à-dire, les objectifs pour la réduction de la pauvreté globale. De tous les objectifs visés, celui de l’assainissement demeure le moins susceptible d’être atteint. Il vise à réduire de moitié la proportion de personnes sans assainissement de base. Cette constatation contraste vivement avec les progrès réalisés au chapitre de l’accessibilité à l’eau propre : l’objectif consistant à réduire de moitié la proportion des personnes sans accès à l’eau propre d’ici 2015, est, à l’heure actuelle sur la voie d’être atteint. Le besoin le plus urgent de tous est par conséquent une rapide augmentation de l’ampleur et de l’efficacité des programmes d’assainissement. Pour ce faire, il faudra assurer un assainissement de meilleure qualité à 120 millions de personnes par année à partir de maintenant et ce, jusqu’en 2015. Même en atteignant cet objectif, 1,9 milliard de personnes n’y auront pas encore accès.
Le lavage des mains, ou la promotion de l’hygiène est le deuxième élément essentiel des programmes d’assainissement. Ce simple geste est tout simplement l’intervention en santé la plus rentable au monde. Des programmes dans les écoles et les cliniques peuvent faire la promotion du lavage des mains avec du savon et de l’eau, et sensibiliser les populations à la transmission des maladies. Le passage à un simple assainissement de base et à de meilleures pratiques d’hygiène s’accompagne d’une réduction de plus de 30% de la mortalité infantile, selon le Programme pour le développement des Nations Unies.